lundi 14 janvier 2013

Non à la réforme du congé parental 2013

Faire des CHOIX, voilà une chose qui m'a toujours posé souci. J'hésite, je réfléchis, j'évalue le pour et le contre, je reporte à plus tard ... Les petits bottines noires à clous ou plutôt les bleues ? Une licence d'anglais ou de lettres modernes ? Dans l'hésitation, souvent, je choisis de ne pas faire de CHOIX et de prendre les deux. Sauf depuis que je suis maman, où je sais ce que je veux et où les CHOIX s'imposent à moi.

J'ai fait le CHOIX et ai eu la chance de bénéficier d'un congé parental de six mois, ce qui m'a permis de profiter de ma grenouille avant de reprendre le travail, de passer du temps avec elle, de la voir s'épanouir et s'éveiller, et de pouvoir l'allaiter aussi longtemps que je le désirais. Durant ce congé, j'ai reçu une aide de la Caf de l'ordre de 550 euros par mois. Ca ne remplace pas un salaire, c'est clair. Je n'ai pas pu prolonger ce congé pour des raisons financières : pour un premier enfant, la Caf ne verse d'aide que pendant les six premiers mois. Et  l'on ne pouvait pas se permettre de vivre plusieurs mois sur le simple revenu du Daddy.
J'ai fait le CHOIX de privilégier le temps passé avec ma grenouille, plutôt qu'une certaine aisance financière. C'est un luxe et une chance, j'en ai bien conscience. Cela demande aussi certains "sacrifices", qui ne sont rien au regard de ce que j'ai gagné en sourires et en bisous. Je sais aussi que certaines mamans n'ont pas le CHOIX, qu'elles ne peuvent pas se permettre financièrement de ne pas travailler et de faire l'impasse sur tout ou partie de leur revenu. Je sais que certaines mamans, par CHOIX, sont heureuses de reprendre le travail, que leur congé maternité se termine et de sortir des couches et biberons, et qu'elles n'envisageraient pour rien au monde de prendre un congé parental. Tout ceci est une question de CHOIX, un CHOIX très personnel.

J'ai pour ma part fait le CHOIX de continuer à passer un maximum de temps avec ma grenouille. Suite au congé parental, j'ai repris le travail à mi-temps. Je travaille ainsi essentiellement le matin et passe le reste de la journée à pouponner et ne regrette absolument pas ce CHOIX, même si j'ai parfois un peu de mal à trouver du temps pour moi et pour souffler.

Concernant le mode de garde, la solution s'est imposée à nous : hors de question de faire appel à quelqu'un d'extérieur, alors que nous avons les moyens de gérer la situation par nous mêmes la plupart du temps. Le Daddy a un emploi du temps assez flexible, c'est donc lui qui s'occupe de la grenouille quand je travaille. Lorsqu'il ne peut pas la garder, c'est ma mère ou ma belle-mère qui prennent le relais, à la maison ou chez elles, car nous avons la chance d'habiter près de nos familles et d'entretenir de bons rapports avec elles. La grenouille va également quatre heures par semaine à la halte-garderie, non par nécessité mais par CHOIX : cela lui donne un aperçu de la vie en collectivité, avec ses règles qui ne sont pas celles de la maison, et la joie d'avoir des petits copains. Cela me permet également de me "dégager" un peu de temps pour m'occuper de moi ou pour corriger des copies par exemple.

Je crois que ce qui est important dans la façon dont nous nous occupons de nos enfants, dont nous gérons notre temps et l'équilibre entre notre vie professionnelle et notre vie de famille, c'est d'avoir le CHOIX. Or, il me semble que la réforme du congé parental en cours de discussion ne nous laisse pas ce CHOIX, qu'elle risque de créer plus de problèmes que ce qu'elle pourrait en résoudre. Je ne dis pas que le congé parental tel qu'il est actuellement est parfait, mais quitte à le réformer, autant que ce soit positif, que cela augmente le CHOIX proposé aux parents au lieu de le réduire.



En mars 2013, un projet de loi va être déposé par le gouvernement concernant le congé parental d'éducation. Actuellement, celui ci se découpe tel quel :
Il est possible de mettre entre parenthèse sa carrière jusqu'au 3e anniversaire de l'enfant.
Pour le premier enfant, les 6 premiers mois sont rémunérés.
Pour le second, la personne du couple qui prend le CP aura 566e par mois jusqu'au 3e anniversaire.
Pour le 3e enfant, le parent a le choix entre prendre une année mieux rémunérée, aux alentours de 800e/mois, ou prendre les 3 ans.

Dans ces trois cas de figure, il y a le choix, entre le père, la mère, et le temps que l'on décide de prendre.
Le parent reste libre de son choix de A à Z.

Actuellement, le gouvernement travaille sur ce projet de loi. La présentation, se fera courant 2e trimestre 2013.

Deux dossiers seront présentés : famille et petite enfance.

Najat Vallaud Belkacem, ministre des droits de la femme travaille sur le dossier famille et souhaite faire une mise en avant de l'égalité homme/femme, par une réforme du CP.

Pour ce faire, aucune association n'a été invitée à la concertation malgré leur demande (UNAF, Union Nationale des Associations Familiales par exemple). Sujet concernant pourtant les familles, ils en sont les portes paroles.

Ce projet est fait en liaison directe avec les partenaires sociaux, et patronats. Nous savons toutes et tous, l'intérêt direct pour les patrons de voir cette loi passer (les femmes ne partiront plus trois ans mais un an!) et pour les syndicats , cela reste aussi un avantage puisqu'eux ne regardent que le côté égalitaire et carriériste de la chose. Il va également être mis en avant une lutte contre la précarité. Point positif si ce n'est qu'ils envisagent de taxer les patrons qui accorderont des temps partiels.

Dominique Berinotti quant à elle travaille sur le service public de la petite enfance. Elle envisage de créer 400000 places de garde (crèche essentiellement) qui aura un cout d'environ 10 milliards d'euro, à l'instant, ils n'ont pas le moindre centimes, et ils ne savent pas encore où trouver ces fonds.

En résumé, le congé parental se verrait transformer de cette façon :
- congé maternité qui passerait de 16 semaines à 18 semaines (ce qui existait déjà pour les mamans qui allaitaient, mais cela avait été supprimé à cause du coût pour la sécurité sociale)
- congé parental réduit à une année, jusqu'au un an de l'enfant plus précisement.

- les personnes le prenant seront payés à 60% de leur salaire brut. Si ton salaire brut est de 1000e, tu toucheras 600e, avec un plafond entre 1500e brut, et 1800e.
- Une partie d'environ un mois à prendre obligatoirement par le papa. S'il ne la prend pas, ce mois se verra perdu.

Pour finir, je précise que :

Ce projet concerne donc tous les parents : mère, père, actifs à temps plein, à temps partiel, en congé parental...

Une réforme oui, mais pas au dépend de la liberté individuelle de chacun.

Seul 30% des parents souhaitent reprendre le travail après un enfant, mais ne le peuvent pas car le mode de garde n'est pas adapté à leur souhait.

Dans ce cas là, ce n'est pas le congé parental qui est forcément à revoir dans la durée, mais :
- les possibilités de faire garder son enfant quand on souhaite retourner travailler.
- le montant mensuel ré évalué pour ceux qui choisissent de ne prendre qu'un an (comme le
COLCA actuel, mais dès le 2e enfant)
- La précarité de l'emploi et ce bien avant d'attendre un enfant. Il est reconnu qu'une femme en
précarité avant de devenir mère le sera aussi après.
- Inclure les papas et les mobiliser à rester plus à la maison mais sans l'imposer, laisser le
choix au couple.

(Cet article est publié dans le cadre d'un mouvement de contestation regroupant plusieurs bloggeuses. N'hésitez pas à partager cet article et à montrer votre soutien.
Pour avoir davantage d'informations et suivre l'évolution de la réforme, vous pouvez suivre cette page Facebook : Congé Parental et Projet de Loi ou rejoindre ce groupe.
Si vous aussi êtes contre la réforme du congé parental, vous pouvez signer la pétition )

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